Cette onzième brochure, rédigée par Guy Abot et éditée par l’Association Les Amis de Nicolas Tarkhoff, analyse une huile sur toile (82 x105 cm), peinte vers 1912.
Le tableau*, objet de cette brochure, met en scène un spectacle devenu familier pour Nicolas Tarkhoff. Il y peint, un jour de fin d’été 1912, ses voisins maraîchers et leurs journaliers. Il a planté son chevalet sur la pente douce d’un champ arboré derrière sa maison, au pied d’une colline. Sous ses brosses, le ciel s’anime de gros nuages, striés de bleus tendres, que les rayons d’un timide soleil parviennent à éclairer de couleur jaune. À droite de la composition, un cheval noir en liberté broute tranquillement l’herbe d’un pré, indifférent au monde des humains qui, courbés vers le sol, s’activent en cadence à récolter les pois ou les salades, récompenses de leur dur labeur. Ils iront les vendre le lendemain aux Halles de Paris en prenant le premier train du matin. Dans cet univers, saturé par une multitude de nuances de vert et de jaune, les silhouettes des paysans s’affirment en taches bleues cobalt ou outremer sur la surface de la composition – elle-même ponctuée de petites touches rouges – et font écho à celles de la colline. Un homme, à gauche du tableau, se tient debout pour cueillir des fruits. Posées à cet emplacement, les couleurs bleues de ses vêtements et du buisson permettent d’équilibrer la composition. Une innovation plastique cette année-là : Nicolas Tarkhoff cerne les arbres de noir ou de vert foncé.
* Exposition : Galerie d’État Tretiakov, Moscou, 2003. Ancienne collection Boris Tarkhoff. Collection particulière.























































